La dette publique française a atteint le niveau record de 3 595,5 milliards d’euros, soit 120 % du produit intérieur brut (PIB). Selon RMC Conso, ce montant astronomique inquiète les investisseurs alors que les débats budgétaires débutent à l’Assemblée nationale pour l’année prochaine.
Le débat parlementaire autour du budget de l’année prochaine, qui a débuté ce mardi 13 octobre à l’Assemblée nationale, s’annonce tendu, focalisé notamment sur une dette publique française qui a atteint un niveau record de 3 595,5 milliards d’euros, soit 120 % du PIB. Selon RMC Conso, le fait d’avoir laissé s’accumuler cette dette depuis si longtemps sans que cela n’ait d’impact sur le quotidien des Français peut interroger ces derniers sur le réel danger du problème de la dette.
Selon Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’épargne, interrogé par RMC Conso, "L’enjeu pour la France n’est pas vraiment de rembourser sa dette. C’est avant tout de montrer à nouveau aux investisseurs qu’elle est digne de confiance.", souligne l’économiste. Ainsi, le problème n’est pas réellement le montant astronomique de la dette, puisqu’un pays comme le Japon a atteint presque 9 000 milliards d’euros de dette, soit 230 % du PIB. Non, ce qui inquiète le plus les investisseurs, c’est la capacité de la France à inverser la tendance.
Prêter à la France est devenu risqué pour les investisseurs
Les investisseurs qui prêtent de l’argent à l’État français en achetant des obligations sont principalement des banques, des fonds d’investissement et des particuliers. Ces obligations, appelées obligations assimilables du Trésor — OAT, permettent à l’État de financer ses dépenses en échange d’un remboursement avec intérêts. Lorsque les investisseurs revendent leurs obligations, les taux d’intérêt peuvent augmenter, ce qui rend les emprunts de l’État plus coûteux. Ainsi, le taux d’emprunt français sur dix ans a atteint 4,9 %, contre 3,5 % un an auparavant, une hausse jugée préoccupante par Sébastien Lecornu. De ce fait, prêter à la France est jugé de plus en plus risqué en raison notamment de l’instabilité politique et des enchaînements d’exercices budgétaires déficitaires.
"Celui qui prête de l’argent regarde une chose : la capacité de remboursement, et pas l’état de la dette. C’est pour cette raison qu’il y a cinq ans, alors qu’on était déjà à quasi 3 000 milliards d’euros de dette, ils jugeaient encore que la situation était sous contrôle. Là, ils commencent à se faire du souci", décrypte Philippe Crevel.
En 2025, la charge de la dette était d’environ 55 milliards d’euros. En 2026, cette somme pourrait atteindre 77,4 milliards et dépasserait ainsi de 14 milliards le budget de l’Éducation nationale. Le "service de la dette", qui cumule la charge de la dette, le paiement des intérêts aux créanciers et le remboursement de leur capital lorsque leur OAT arrive à échéance, s’est quant à lui élevé à 219,3 milliards d’euros.
Si la dette continue d’augmenter, son coût pèsera de plus en plus lourd sur le budget de l’État. Pour rembourser ses emprunts, la France devra alors emprunter à nouveau, potentiellement à des taux d’intérêt plus élevés. Ce cercle vicieux pourrait, à terme, conduire à un défaut de paiement de l’État français.
Pas de conséquences immédiates pour les Français ?
La dette publique n’a pas forcément de conséquences immédiates et visibles sur le pouvoir d’achat des Français, mais ses effets peuvent se faire sentir sur le long terme. Pour réduire cette dette, le gouvernement peut être amené à limiter certaines dépenses publiques, ce qui peut affecter les salaires, les retraites et la qualité des services publics. En Grèce, par exemple, les mesures d’austérité ont entraîné une forte baisse des salaires, une réduction des pensions et des fermetures d’hôpitaux et d’écoles.
Toutefois, selon l’économiste Philippe Crevel, la situation actuelle de la France n’est pas comparable à celle de la Grèce il y a une quinzaine d’années. Le gouvernement estime néanmoins que des mesures de rigueur sont nécessaires pour éviter une aggravation de la situation.
À court terme, la dette peut également avoir un effet sur les finances personnelles en influençant les taux d’intérêt pratiqués par les banques. Ainsi, lorsque la situation financière de l’État se dégrade, les crédits, notamment les prêts immobiliers, peuvent devenir plus coûteux pour les ménages. [6Medias]